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Association des Amis des Grandes Orgues Historiques de Rozay en Brie

(SEINE ET MARNE – FRANCE)

 

Gabriel d’Alençon

 

Biographie

 

C.-Gabriel d’Alençon est né à Duclair, près de Rouen, le 31 décembre 1891, d’un père Médecin-Chef de l’Hôpital Général de Rouen. Ancien élève de la Maîtrise Sainte Évode, qui forma les Pierné, Panel, Duruflé, et mille autres grands noms de la musique, il fut un temps organiste à Bolbec, apprit la facture d’Orgues chez Merklin-Gutschenritter. Il passa une bonne partie de sa vie, pèlerin de l’art à l’étranger ; en Italie chez Mallestio à Padoue, à Turin comme Directeur technique de la F.I.P, entre autres. En Autriche (où il passa les examens officiels de « Maître-Organier » pour exercer) il restaura à la Basilique-Abbatiale de Klosterneubourg l’Orgue Historique, et les instruments de l’Académie de Musique Religieuse de Vienne.

L’Orgue liturgique, offert par St-Pie X à sa paroisse natale de Riese, l’a vu également. Après des travaux au Brésil, on l’a revu à N.D. de Louviers (Duruflé étant organiste), à Rozay en Brie et Sotteville-les-Rouen où il fit restaurations historiques et constructions modernes. Artiste parfait, technicien de premier plan et d’une conscience à toute épreuve, s’il fonda (vainement) une maîtrise, ou séminaire professionnel nommé « Conservatoire Français d’Arts liturgiques (architecture, peinture, fresque, mosaïque, vitrail, orfèvrerie, etc.), le tout d’un pur idéal spirituel.

Il était pauvre et en savait le poids. Il donna (ou abandonna) de beaux ouvrages ou essais sur les problèmes esthétiques, par exemple son remarquable « Orgue Liturgique » publié par La Petite Maîtrise et qui eût mérité tirage en brochure : C’est un « classique », perle cachée que plusieurs Maître m’ont loué à bon escient.

Attaché depuis la fin de la Guerre à la Recherche Scientifique, à la suite de ses travaux pour l’usage d’une gamme naturelle tonale dans l’harmonie, et construction d’un orgue expérimental dia-commatique, ses calculs vers la « règle d’or » musicale, ou 3ème tempérament, infinitésimal, après l’inégal et l’également faux, commencés en 1936 l’ont mené à ce poste où il est mort, au cours de la rédaction des notes d’un Traité d’Harmonie découlant rigoureusement des constatations et vérifications qui lui permettaient (sic) l’usage d’une gamme tonalement et mathématiquement exacte – la naturelle des mathématiciens de Ptolémée – où se dégageant des ambiguïtés découlant de Pythagore et de notre boiteux tempérament égal faux.

Une embolie l’emporta le 21 avril 1956 près de La Ferté-sous-Jouarre (Seine et Marne), dans un studieux isolement.

 

Claude Hermelin, 17 janvier 1957

 

Note : La carrière de ce facteur quelque peu atypique ne pouvait être mieux décrite que par celui qui fut son plus proche collaborateur. Gabriel d’Alençon et Claude Hermelin ont enseigné, de 1935 à 1939, un cours d’Histoire, acoustique et facture d’Orgues à la Schola Cantorum (ce cours, conservé et « mis au net » par Claude Hermelin, a été publié à cinquante exemplaires par Paul Lacas et Dominique Chailley, Paris/Talence 1975/1976.

 

Informations extraites de « L’Orgue et l’Organiste Liturgique » - Textes extraits de la Petite Maîtrise 1931-1932 - Edition Orgue, aux EDITIONS DU BERANGE.

 

Nous tenons à remercier tout particulièrement la famille de Monsieur Gabriel d’Alençon qui nous a transmis toutes ces informations.

 

Rev : 14 juin 2017